jeudi 12 novembre 2015

Californie 2015 - San Francisco

Jour 14

Le récit risque d’être un peu plus décousu à partir de maintenant, puisque l’on passe nos journées à arpenter les rues de la ville.
Si vous avez suivi, vous aurez compris qu’on doit déjà commencer par aller rendre la voiture à l’agence. Ils sont pas franchement émus par ma mésaventure. Seul avantage, on a pu descendre dans le centre de SF en voiture.
L’agence n’est pas loin de Market Street, cet axe qui trace une espèce de diagonale dans la ville et débouche sur l’Embarcadero, vous devinerez ce que c’est sans traduction.
Market n’est clairement pas la rue la plus enthousiasmante, c’est un grand machin bruyant et bordé de magasins franchisés.
On a bien traîné ce matin et on a juste le temps de descendre jusqu’au Railway Museum pour acheter un pass d’une semaine pour les transports en commun avant d’aller manger.
C’est marrant, le pass, il faut prendre une pièce de monnaie et comme sur un Millionnaire gratter les jours où l’on veut l’utiliser. Pratique, ça permet la discontinuité si jamais vous vous absentez un jour ou deux.
Super Duper Burger est une bonne adresse à connaître, dans le bas de Mission Street, pour qui veut goûter un burger de bonne qualité, avec des pickles au top et de bonnes frites. On le voit arriver un poil déçus parce qu’il nous semble petit mais Fabien, qui connaît bien le lieu, nous avertit qu’en général, ça suffit.
Effectivement, à la moitié, on commence à caler. On repart bien calmés, direction la Coit Tower, située en haut d’une des multiples collines de la ville, Telegraph Hill. Ca grimpe sec mais pas trop longtemps. Arrivés en bas de la tour (mais en haut de la colline), un rapide coup d’œil alentour nous indique que ce n’est pas trop la peine de payer pour y accéder, vu que la brume est trop présente. On voit quand même la ville en contrebas mais pas du tout le Golden Gate Bridge.
On redescend de l’autre côté par un escalier qui traverse des maisons superbes, cachées par une végétation dense. Ca fait franchement rêver.
En bas, on s’arrête sur Levi’s Plaza, une rapide visite au siège de Levi’s, doublé d’un petit musée et d’une boutique, et nous voilà repartis.

Embarcadero de nouveau pour chopper un tramway qui nous amène au Pier 39.
Le coin est ultra-touristique, ça sent un mélange de mer, de graillon et de barbapapa.
Les gens s’y pressent pour voir les lions de mer qui se prélassent au soleil. 
D’habitude, les pontons en bois en sont absolument couverts, mais comme on a vachement de pot, non seulement le temps est assez brumeux mais en plus il n’y en a qu’un, un pauvre blessé qu’a pas pu partir avec ses potes en vacances, j’imagine.
En revanche, il y a pas mal de pélicans, de cormorans, c’est pas mal. Alactraz est juste en face, de temps en temps dans le soleil, parfois totalement dans le brouillard.
On avance jusqu’au Pier 45 pour entrer dans le Musée Mécanique, une vraie curiosité : une salle assez grande, libre d’accès, remplie de vieux jeux de foire et autres arcades. C’est rigolo mais c’est assez bruyant pour que ça ne nous donne pas du tout envie de rester plus d’un quart d’heure.
On continue de longer l’eau vers le San Francisco Maritime National Historical Park. Il y a, au milieu d’une anse, un grand voilier, un bateau à aube…C’est joli. Il y a même des gens qui se baignent, malgré l’absence de soleil et la température un peu fraîche.
Dans le fond, on voit que le temps vers la Bay (vers l’est) est nettement plus clément, le Bay Bridge reflète le soleil.
Les bâtiments du Maritime Museum nous plaisent assez, avec leur esprit « paquebot ».
Arrivés au bout de cette anse, on emprunte un bout de Van Ness Avenue, qui vient mourir au bord de l’eau puis on grimpe parmi les arbres et au milieu des cyclistes en direction de Fort Mason.
C’est étonnant car on n’a plus du tout l’impression d’être en ville. Là passe le San Francisco Bay Trail, un piste cyclable qui fait à ce jour plus de 500 km et permettra d’ici peu de faire le tour de la Bay, de San Jose à Napa, en 800 km ( !).
Sur les 3 quais de Fort Mason, 3 grands bâtiments militaires ont été rénovés. Ils ont servi à l’embarquement de dizaines de milliers de soldats en partance pour le front du Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, on y trouve une galerie marchande, une salle de concert…
On va être honnête, le temps presse et on est complètement rincé par toute cette marche.
On attrape donc un bus pour retourner à Sunset, là où nous logeons, à deux pas du Golden Gate Park.
Ce qui est cool c’est que le bus passe par des quartiers très chouettes, notamment Presidio. Ce grand parc situé juste au sud du Golden Gate Bridge était jusqu’en 1995 une grande base militaire, initialement construite par les Espagnols. Les logements militaires, les baraquements ont été rénovés et c’est maintenant un quartier chic et magique, cachés par les arbres et bordés de pelouses splendides, au charme retro. Il offre également des vues splendides sur le pont, mais bon, aujourd’hui, hein…
Après le Presidio, c’est Richmond, plus traditionnellement urbain mais tout aussi chic. On y a aperçu des maisons incroyables.
Une fois rentrés, c’est de nouveau la course car ce soit, c’est sortie avec des copains. Une histoire assez incroyable, quand même.
On avait rencontré Erica à l’aéroport de Montréal, alors que nous étions en transit depuis Denver avant de rejoindre Paris. On avait passé la nuit à l’aéroport à attendre un avion qui ne viendrait pas et on avait sympathisé alors.
On s’est revu à Paris, avec Benoît, son mari français. Et le jour où mon frère et sa famille ont planifié de s’installer à SF, on les a mis en relation. Ils sont devenus copains et se voient régulièrement.
Et ce soir, c’est soirée tous ensemble. On est super content de les voir, on commence par un apéro chez Fabien et Rakel, déjà bien arrosé, puis direction en taxi le Tenderloin, un quartier de downtown à la réputation assez miteuse (pas mal de toxicos et de clochards), à bord d’un taxi improbable qui fait cracher le gros rap à notre demande.
Le Bourbon & Branch est un ancien speakeasy, ces anciens bars clandestins de la Prohibition, qu’ils ont conservé et continuent à faire fonctionner comme à l’époque, mot de passe et porte secrète dans la bibliothèque inclus ! Vraiment marrant et sympa. Le cocktail tape sérieusement quand on décide de bouger, ça commence à tanguer un peu.
Direction le Jones, un bar resto du même quartier avec un rooftop assez cool sur la rue. Scène surréaliste, un client est en train de frotter sa copine comme dans un clip de r’n b quand on arrive. Tout le monde est assez gêné, on a cru qu’ils allaient se foutre à poil.
On a juste le temps de prendre un shot de tequila avant que le bar ne ferme et on se dirige enfin vers Castro (le quartier gay) pour terminer la soirée en beauté dans un piano bar karaoké : le Martuni’s.
C’est à la fois marrant, surréaliste et suranné.
Des chansons des années 20, des torch songs désespérées, des standards de jazz, les choix musicaux étaient inhabituels et changeaient avantageusement de la merde habituelle qui a cours dans les karaokés.
Les cocktails étaient particulièrement peu chers mais absolument imbuvables. 


On a bien rigolé et après une performance énorme de deux d’entre nous sur La Vie En Rose (hihi) on est rentré dans un brouillard euphorique et alcoolisé.
































mardi 10 novembre 2015

Californie 2015 - La San Joaquin Valley et San Juan Bautista

Jour 13

Aujourd’hui, c’est direction San Francisco.
La journée commence assez mal avec un petit déjeuner ignoble, dégueulasse et franchement misérable en quantité comme en qualité. Franchement une arnaque si on compare à notre hôtel de Oakhurst, où on se pétait la panse.
On devrait leur interdire d’annoncer le petit déjeuner inclus. D’ailleurs, rien que d’y repenser, j’ai été leur laisser l’avis sur tripadvisor que je me promettais de leur laisser.
Pour ne rien arranger, on décide dégouté d’aller en face chez Starbucks, ben les gâteaux étaient sûrement de la veille aussi…
La route que l’on emprunte ne ressemble absolument pas à celles que l’on a vu jusqu’à présent : la San Joaquin Valley est très plate et sa traversée rendue d’autant plus monotone qu’on s’enquille ferme après ferme et des centaines de milliers d’arbres fruitiers les uns derrière les autres. On la traverse latéralement d’est en ouest et on se retrouve sur de grandes lignes droites peu fréquentées. La population est essentiellement faite d’ouvriers agricoles mexicains. Certains semblent sur des panneaux laissés sur le bord de la route se plaindre de la manière dont ils sont traités par leurs patrons. 
Les patrons eux-mêmes se plaignent des restrictions d’eau imposées par la sécheresse.
C’est un peu triste.
Ce qui l’est moins c’est qu’on trouve à vendre plein de productions locales, y compris les fruits à coque et en particulier les pistaches, qui font l’objet d’une guerre commerciale intense entre les USA et l’Iran.
Quand on atteint enfin les reliefs pré-côtiers qui marquent la fin de la vallée, on se dirige vers l’étonnant village de San Juan Bautista.
Alors que la plupart des endroits jusqu’à maintenant, hors quelques exceptions, nous ont semblé très fréquentés, on trouve cette très chouette bourgade quasiment vide.
Elle est le siège d’une des plus belles missions de Californie. Ces dernières ont été implantées tout le long de la côte depuis San Diego jusqu’un peu au nord de San Francisco sur le « Camino real », le chemin royal, par les ordres religieux espagnols afin de consolider les possessions de la couronne et d’évangéliser les tribus indiennes du coin.
Si les jardins de la mission sont très beaux, elle est aussi connue pour avoir servi au tournage de Vertigo (oui, la scène de l’escalier, tout ça), comme les étables qui se situent en face.
La visite en est assez rapide. L’église est la plus grande des missions (enfin, celles encore debout).
Le reste du village est très intéressant, beaucoup de vieux bâtiments et des tonnes de magasins d’antiquité. 
C’est là que Géraldine fera une découverte bouleversante : un téléphone Snoopy. Dingue, hein ? Moi-même, j’ai trouvé un disque assez improbable dans un autre magasin.
La très sympathique dame qui a vendu le Snoopy ne comprenait pas, comme nous, pourquoi le village n’attirait pas plus de monde. Il n’est jamais qu’à 2h de San Francisco (donc encore moins loin de San Jose) mais comme il est un peu à l’écart des routes principales, il reste assez méconnu. D’ailleurs aucun des San Franciscains à qui l’on en parlera n’y a jamais été. Très bizarre.
On fixe rendez-vous avec mon frère, qui habite San Francisco depuis l’année dernière, pour se retrouver devant chez lui. 
La route est de plus en plus chargée à mesure que l’on approche de la ville. Le ciel également. Enfin, chargé n’est pas le mot, c’est plutôt brumeux, ce ne sont pas des nuages de pluie mais des nuages de brume marine qui se créent à cause du contraste entre la température de la terre et celle, froide, de l’océan. 
La baie (côté terre donc, et oui) est plus ensoleillée mais en été, San Francisco navigue entre soleil et brume en permanence.
La température a chuté de plus de 20° par rapport à hier et il doit faire 16°C quand on arrive à San Francisco. On aura trouvé la route presque sans se tromper, Géraldine est assez fière.
L’idée c’est de déposer nos affaires puis de rapporter la bagnole, pour laquelle j’ai dû payer une prolongation de location, vu que je devais la rendre à 13h.
On dépose donc tout et on repart juste mon frère et moi pour l’agence de location.
J’ai un contentieux historique avec les loueurs, certains pourront en témoigner. Et là, ben c’est reparti pour un nouvel épisode puisqu’à l’issue d’une journée où j’aurais beaucoup conduit et terminé par une demi-heure assez stressante dans les rues de cette ville, on trouve porte close.
J’ai envie de chialer. Le connard que j’ai eu au téléphone s’est bien abstenu de me dire qu’ils fermaient à un horaire encore complètement improbable pour une agence de location, genre 16h…
On en est donc quitte pour un retour à la case départ. Ca me permet de découvrir un peu la ville, ce qui est plutôt cool mais franchement, je m’en serais bien passé.
La soirée est sympa, on est content d’être là, on voit les petits et on retrouve aussi un de mes cousins, qui est déjà là depuis deux semaines. On se fait une soirée à la cool, on est bien claqué.