jeudi 17 décembre 2015

Israël 2015 - Tibériade, Capharnaüm, Beit Shean et Jérusalem

Une matinée consacrée aux sites religieux chrétiens qui bordent le lac de Tibériade: le site de la multiplication des pains et des poissons (Tabgha), le site du sermon sur la Montagne (mont des Béatitudes) puis Capharnaüm, le village où Jésus séjournera dans la maison de Saint Pierre.

Il y a évidemment beaucoup de pélerins, pas mal de Russes, des Grecs, des Italiens, des Arabes chrétiens aussi.




































De belles mosaïques sur le site de Tabgha, le mont des Béatitudes n'a en revanche rien d'extraordinaire en dehors de la beauté du site.

Capharnaüm est plus étendu, ce sont les ruines d'un village qui comptait environ un millier d'habitants. C'est très fréquenté également, ça saoûle un peu, on a du mal à entendre les explications de Marc. Les ruines de la synagogue de l'époque byzantine sont aussi impressionnantes.

On fait ensuite une croisière sur le lac, c'est vachement agréable, il fait beau et chaud, on a de la musique sur le bateau. Et puis ça tangue pas, vu que c'est un lac, ça ne peut que me plaire!

Repas de poisson pas terrible ensuite dans un resto à toutous, grande tablée, menu unique. Bon, on a eu mieux et puis le Saint-Pierre a un goût de vase, comme beaucoup de poissons de lacs.

On quitte ensuite la région pour Beit Shean, lieu de la grande ville antique de Scythopolis. C'est un des sites les plus impressionnants de cette époque en Israël. Le temps a tourné et l'on va s'en rendre compte sur le chemin.
On longe la frontière avec la Jordanie tout en passant par les territoires palestiniens. On aperçoit le halo lumineux de Amman, la capitale jordanienne, distante à vol d'oiseau d'une trentaine de kilomètres.
Cette proximité donne une idée de la complexité des enjeux de sécurité dans cette région: Jérusalem et Amman sont à une cinquantaine de kms l'une de l'autre.
La frontière avec la Jordanie est très surveillée, avec des détecteurs de mouvement. La crainte de l'infiltration par des terroristes est constante.

Nous restons bloqués un bon moment à cause d'inondations qui ont coupé la route.
C'est fou, il ne pleut jamais, ça fait des années qu'ils n'ont pas vu d'inondations et dans cette région sèche et chaude.
On passe juste à côté de Jéricho avant d'entamer la montée vers Jérusalem. On ne voit pas grand chose du désert de Judée que l'on traverse, on se rattrapera plus tard.

Une fois installés à l'hôtel et malgré une journée épuisante, le repas avalé, on remet le couvert pour une visite de Jérusalem by night qui vaudra le détour, passant par la Knesset (le parlement israélien), un point de vue sur la vieille ville et le mur des Lamentations.


mercredi 16 décembre 2015

Israël 2015 - le Golan et Nazareth

Une journée aux confins du pays. On part donc de la rive est du lac de Tibériade, où nous logeons, pour nous diriger vers le nord-est: le plateau du Golan, région hautement stratégique prise à la Syrie lors de la guerre des Six Jours (1967).
Dès après le lac, la route monte plein nord, on passe par Kyriat Shmona, ville située sur le territoire israélien et connue pour être la cible régulière des tirs de roquette du Hezbollah. La ville est située à 1km à vol d'oiseau du Liban, qui débute sur la crête située à l'ouest de la ville. On bifurque à l'est pour un arrêt à Banias, site antique initialement dédié au culte de Pan. C'est aussi là que le Jourdain prend sa source.
On laisse ensuite la forteresse de Nimrod sur notre gauche pour attaquer la montée sur le Golan.
Le plateau était très peu habité à l'époque de la Syrie: les seuls villages sont druzes, cette minorité du Moyen-Orient qui se partage entre la Syrie, le Liban, Israël et la Jordanie. Leur drapeau ressemble un peu au drapeau arc-en-ciel. Les hommes ont de grosses moustaches et portent un chapeau blanc. Leur religion est issue de l'islam mais n'est ni sunnisme ni chiisme. Dans les pays où ils se trouvent, ils exercent pleinement leur citoyenneté: s'ils fournissent ainsi beaucoup d'officiers à l'armée israélienne, ceux vivant sur le Golan sont syriens et sont restés fidèles à leur pays d'origine. Néanmoins, avec les derniers événements, ceux demandant la nationalité israélienne sont plus nombreux.
Le Golan est un plateau pelé et caillouteux, d'origine volcanique, d'où ces rochers basaltiques qui affleurent un peu partout. Des moutons, des militaires (beaucoup de bases de l'armée, des terrains de manoeuvre) et c'est à peu près tout. Ah pardon, des vignes. D'ailleurs on fera une dégustation de vins.
Tout au nord, le Mont Hermon, à 2800m. Le sommet est sur la frontière syro-libanaise mais son versant sud est côté israélien.
On s'approche à quelques mètres de la toute petite bande démilitarisée tenue par l'ONU et qui fait la séparation entre Israël et la Syrie. A quelques centaines de mètres, c'est un pays en guerre totale. Kuneitra, le village syrien en contrebas, n'est plus que ruines, abandonné par ses habitants depuis les guerres israélo-arabes. C'est très bizarre de voir ces gens qui travaillent dans des champs côté israélien, ce camp de l'ONU juste derrière et ces villages syriens qui semblent vides. 
Il va sans dire que la zone est extrêmement surveillée, surtout depuis que des troupes iraniennes venues en support d'Assad ont été repérées dans la région.
A moins de 50km à vol d'oiseau, Damas.
Après une visite du musée archéologique de Katzrin, pause déjeuner (falafel ou shawarma). Ensuite, dégustation de pinard (hips).
Etape suivante, le très beau et impressionnant site de Gamla et ses ruines, où les insurgés juifs livrèrent une bataille désespérée contre Rome. Au même endroit, un sanctuaire pour vautours. 
Ils sont présents depuis les temps bibliques (ils y sont même cités des dizaines de fois) mais sont menacés pour des tas de raisons (empoisonnement par les animaux nuisibles qu'ils mangent, notamment). On a eu la chance d'en voir quelques uns d'assez près. Ils sont immenses et dans le ciel très majestueux. De près, c'est une autre histoire haha.
On aura même croisé un magnifique renard dans les ruines. 
Nous allons ensuite enchaîner vers Nazareth, la grande ville arabe du nord d'Israël. Les deux tiers des habitants arabes sont musulmans, un petit tiers est chrétien. 
L'agglomération fait dans les 200 000 habitants (y compris la ville juive de Nazareth Ilit) mais la circulation y est infernale: on va mettre un temps fou pour atteindre le centre et aller visiter la basilique de l'Annonciation. C'est le site de la maison de Marie où selon la tradition chrétienne, l'archange Gabriel est apparu à Marie pour lui annoncer qu'elle portait Jésus.
Pour ne rien arranger, Géraldine est malade.
Bon, je ne verrai pas grand chose de l'église, je reste avec elle dehors, passant juste la tête pour apercevoir une église immense mais moderne. Curiosité: chaque pays a offert un portrait de Marie à l'enfant, dans la tradition artistique locale. Il y en a de très beaux et d'autres plutôt comiques et assez laids. 
Evidemment, les touristes chrétiens sont nombreux et donc les boutiques de souvenir aussi. Le centre de la ville donne une impression assez chaotique, bruyante et bordélique. Le Moyen-Orient, quoi.
Le retour se fait sans encombres mais c'est long et on n'est pas fâchés d'arriver. Après le repas, on se fait une petite bouteille de pinard du Golan, on a été super prévoyant.